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lundi 24 mars 2008

La tempête de neige - L'aube - Coing

La tempête de neige

Les enfants,
Allez faire dodo tout de suite!

Eh!
Ca, c’est le hurlement du loup blanc
Qui court dans les parages.
Mamie et papy morts vous guettent
Du coin du grenier.

Les enfants,
Allez faire dodo tout de suite!


***

C’est une particularité étrange de ma région: Les berceuses font peur aux enfants. Ce court poème et son ton puisent l’inspiration de cette tradition populaire.


☆☆☆

L’aube


Ca doit être maman qui fait ce bruit en faisant pipi debout.

Papa est rentré, tout couvert d’écailles,
Sorti du brouillard.

C’est une bonne pêche!

☆☆☆


Coing - Le rêve du moment du décès de Fudji

Je passais le sentier étroit dans les herbes mortes lorsque je trouvai un coing tombé dans la boue. Mon cousin mort y mangeait une boulette de riz. Je voulus ramasser le coing, mais je n’y arrivai pas quoi que je fasse......

Ah! il doit neiger maintenant aussi dans mon pays.

***

Fudji est la femme du poète, décédée très jeune. Le recueil de poèmes "Marumero" (Coing) est dédiée à sa mémoire. Tous les morceaux que le poète récite et que j’ai traduits sont tirés de ce livre.

Comme la traduction de ces poèmes est assez hâtive, j’attends vos conseils, suggestions et commentaires, même si vous ne parlez ni japonais ni tsugaru :)

Elle, ce jour-là - Eclair sur la rizière - L'existence

Elle, ce jour-là...

Sur le sentier où on allait ramasser les bourgeons,
Je me souviens, là-bas, une tourterelle roucoulait.
Au marécage où on allait prendre les pétasites,
Je me souviens, là-bas, un coucou chantait.

Au bord de la rivière où elle m’a répondu pour la première fois,
Sentait l’odeur des roses sauvages,
Dans le bois des pins où elle m’a entendu,
Je me souviens, un tarin des aulnes gazouillait.

Ah! maintenant que tout ça commence à ternir,
A ce crépuscule dans le centre de Tokyo avec sa circulation mouvementée,
Ce que je comprends au fur et à mesure avec le temps est
Ses sentiments qui faisaient jeter les pétales du pissenlit
Une par une, une par une,
A elle, ce jour-là, sur le chemin de retour du bois.


***

Tourterelle orientale

Pétasites japonais

La jeune pousse et le tige sont comestibles. Cette plante ressemble fort à la rhubarbe.


☆☆☆

Eclair sur la rizière

Les grenouilles coassent et il y a éclair sur la rizière,
Mais elle ne sort pas encore.
Il finit par pleuvoir et je suis trempé comme une soupe,
Mais je ne veux plus bouger d’ici à tout jamais.

Comme la pluie se fait violente peu à peu,
Les grenouilles ne coassent plus,
Et il paraît que la nuit tombe,
La lumière de chez elle s’est éteinte.


☆☆☆

L’existence - La nuit du jour du mariage -

Ca, ce n’est que le vent,
C’est les peupliers qui font ce bruit.
Pleure pas.
Pleure pas.
As-tu déjà vu une nouvelle mariée pleurer comme ça?
Pleures-tu puisqu’on n’a pas un sou?
Pourquoi doit-on fêter un mariage aussi misérable?

(Veuillez considérer tout cela comme la cérémonie.)

Même si nos corps maigres se touchent,
Ca ne chauffe pas du tout.
Ah! nous deux,
Nous sommes telles les mouches qui soustraient la lumière du jour.
Fréquenteras-tu le bureau dès demain, habillée de jupe violette et de manteau noir, toi aussi?
On est nouveau mari et nouvelle mariée misérables.
Pleure pas.
Pleure pas.
Il n’y a rien d’effrayant.
Ca, ce n’est que le vent,
C’est les peupliers qui font ce bruit.



Populus maximowiczii

Calendrier noir de suie - Mauvaise récolte - Mouette - Caillou

Calendrier noir de suie (Susukeda koyomi)

Le jour où est partie ma soeur, mariée,
Les fruits de l’éléagnus étaient tout rouges dans le jardin,
Et le jour où est partie maman, morte,
La neige humide tombait, me semble-t-il.
Le moment où est parti papa, mort,
Etait le temps où le gel fondait sur le toit,
Et le soir où je suis parti de chez moi,
Il y avait feux d’artifice du kermesse au ciel.

***

Eléagnus













☆☆☆

Mauvaise récolte (Kegazu)

Cette pluie froide tout prête à changer en neige, et cet épi maigre.
Néanmoins, je dois battre le bidon pour chasser les moineaux piaillards.
Il paraît que la mer s’agite, une volée de mouettes vient criailler.
Papa, au visage étourdi, ne fait que relire les lettres de sa fille partie à la filature,
Maman, quant à elle, veut cuire les bouts de patates ramassés au champ, mais il n’y a pas suffisamment de feu dans le foyer qui fume,
Et il n’y a plus d’allumettes.
La fumée s’étend dans toute la maison et le bébé crie à tue-tête, ce sera une soirée chiante encore une fois...

***

Les jeunes filles travaillaient à la filature de soie sous condition pitoyable. La soierie était la première industrie au Japon pendant longtemps. Comme les magnaneries se situaient au nord de la région du Kantô (le Centre-Est dont le chef-lieu est Tôkyô), les jeunes filles de la région pauvre du Nord-Est devaient partir au loin pour travailler. Cette histoire fait partie de la littérature populaire des Japonais modernes.

☆☆☆

Mouette (Gomé)

Tu vois que la mer s’agite,
On dit que la pêche est maigre.
Mais maman où est-elle partie?
Le bébé pleure dans le séjour.
Pourquoi ne pas allumer la lampe?

☆☆☆

Caillou (Ishiko)

Esprit tordu,
Caillou qui se tait même écrasé.

Si je restais silencieux, ne serais-je pas caillou un jour?

Une vie dans l’égout qui ferait pulluler les vers.

N’y a-t-il personne pour me jeter là-haut vers le ciel?

dimanche 23 mars 2008

Village sans soleil - Drapeau contre le vent


Village sans soleil
- A Horodzuki, péninsule de Tsugaru


Est-ce que le soleil a brillé
Une seule fois sur ce village ?

Les assises de la maison sont toutes rongées par les bestioles
Et il paraît qu’elle s’incline vers la mer, l’arrière écrasé par la haute montagne oppressante.
Regarde
Le mont Madsumé là-bas sous le soleil.
Est-ce que cette belle lumière a éclairé
Une seule fois notre village?
Tout le monde sent la pauvreté.
Leur corps sent le poisson.
Les jeunes se sont tous enfuis d’ici.
Il ne pullule que des pépés et mémés dont on dirait que ce sont les algues qui poussent à leurs têtes.
Ah! nos fils qui sautaient dans la mer comme les dauphins,
Où sont-ils passés?
Tout ce qui est rejeté dans la rue est les coquilles d’antan.
Un seul arbre pousserait-il si les arêtes de poisson pourrissaient?
Il ne traîne que le brouillard matin et jour,
Et la nuit, les morts sanglotent au large.

***

Aomori est la région la plus pauvre du Japon, et le revenu moyen n’est que la moitié de Tokyo même maintenant. J’habite dans une grande ville, mais les petits villages au nord de la péninsule de Tsugaru comme Horodzuki sont complètement privés d’agréments modernes. Le mont Madzumé (Matsumaé) se trouve à l’île de Hokkaïdô, plus riche qu’Aomori. Le poème date de 1931, mais presque rien a changé.





✩ ✩ ✩

Drapeau contre le vent

Drapeau battant au bout du mât,
C’est l’heure de quitter ma ville natale.
Le vent fondant la neige se fait froid à mes oreilles,
Les branches nues de la saule pleureuse tremblotent sur la rive.
Ah! là-bas, il n’y a pas une ombre pour me souhaiter bon voyage,
Et le toit du temple brille au loin.
Ah! la ville où je suis né!
Ceci est un berceau désormais trop petit pour moi.
Regarde la face de cette ville glaciale.
Elle ricane telle une marâtre.
Ah! j’aimerais tout rejeter mais...
Drapeau flottant!
J’ai un je ne sais quel ressentiment
Qui couperait mon doigt.

Le sifflet a sonné.
Maintenant, tout est fini.
La proue tourne pour montrer sa poupe à ma ville natale.
Fort est le vent une fois au large.
Ah! drapeau battant,
Déchire-toi et envole-toi
Vers la mer criante!

***

Poète sur le point de quitter la ville d’Aomori.